Free

Iggy Pop – Free

septembre 2019 |

« Je voulais être libre. Je sais que c’est une illusion, que la liberté est seulement quelque chose qu’on ressent, mais j’ai vécu ma vie avec la croyance que ce sentiment est tout ce qui vaut la peine de poursuivre : tout ce dont tu as besoin est ce sentiment d’être libre, pas nécessairement le bonheur ou l’amour. » Ces mots ont été écrits par Iggy Pop, en guise d’introduction de son nouvel album.

Ils résument non seulement son dernier album mais toute son œuvre (et par extension lui-même). Cet homme a toujours été libre. Il a poussé son corps et esprit à bout, il est parti depuis la fin des 60s dans plein de directions différentes pour bâtir une discographie unique, éclectique. Loin des courants mainstream. Il a été le parrain du punk avec les Stooges, il a marqué de son empreinte la pop- dans les années 80-90. Puis il s’est tourné vers la chanson française avec le monumental album de reprises « Après » (injustement boudé par le public français) et une multitude de collaborations hexagonales. Et il est revenu il y a 3 ans au avec son excellent Post Pop Depression.

Free est son benjamin, né en 2019. Une perle de plus dans le collier de l’iguane. Une nouvelle direction, de la pop avec un vernis très marqué de jazz et de spoken word. Il a posé sa voix caverneuse sur les compositions de deux jeunes musiciens, Leron Thomas et Noveller. La trompette, le roi des cuivres, est omniprésente et plane au-dessus de tous les morceaux. Iggy n’aurait pas pu trouver une meilleure voix pour le seconder. Basse, guitare et batterie suivent de près pour injecter à petites doses l’adrénaline du rock. On est très loin du punk et du rock nerveux que les fans cherchaient et cherchent dans ses concerts. On est dans la contemplation d’un crépuscule avec un vieux sage.

Free est aussi un clin d’œil à deux artistes défunts, deux très grands amis avec qui il formait jadis une des plus géniales trinités de la pop-rock. Lou Reed et David Bowie. Lou est présent via son poème We are the people. David est là avec le jazz de Blackstar, son chant de cygne. Il est peut-être l’homme qui a pris le large sur la pochette, qu’Iggy part rejoindre… Iggy seul le sait !

Christos Agoros