Wrong Creatures

Black Rebel Motorcycle Club – Wrong Creatures

mars 2018 |

Après un silence de cinq ans depuis Specter at the Feast en 2013, ils sont de retour avec leur neuvième album : Wrong Creatures ! Mesdames et messieurs, je vous prie de faire un triomphe n’roll aux Black Rebel Motorcycle Club ! Douze titres, 59 minutes de découverte instrumentale, des paroles poétiques et profondes, ça vous tente ? Let’s go !

Pour la première, le morceau DFF est une composition instrumentale qui nous envoie dans un monde obscur, sauvage, étroit et oppressant. On entend des murmures, une batterie qui martèle, soutenue par la basse qui insiste sur la même note.
Bienvenue sur Wrong Creatures !

Le morceau Spook nous ouvre les yeux avec ses riffs de guitares gras et pourtant emprunts d’une certaine légèreté, qui nous ordonnent de marcher vers l’inconnu avec une énergie révoltante tout en écoutant la voix calme de Peter Hayes.

On s’allume une clope, on tire une bonne taffe, on est arrivé sur King of Bones. Accueilli par le diable en personne, la chaleur poisseuse des guitares et le rythme pressant de la batterie qui nous font ressentir nos péchés les plus coupables ! On a envie de sexe ! On halète, on râle, on frisonne, on mord ! Le péché de chair prend possession de notre corps.

Heureusement, viennent Echo et Haunt qui calment nos esprits embrasés. Ils nous élèvent dans les hautes sphères, et s’est en planant que nous arrivons aux chansons Ninth Configuration et Calling Them All Away où l’on reprend le sentier des cordes grinçantes mais légères, des voix calmes et douces, des mélodies qui sonnent faux et juste en même temps. On s’envoie un cacheton d’ecstasy, on s’abandonne au trip total!

Sur les morceaux Question of Faith, Little Thing Gone Wild, Carried From the Start on enfile un cuir, on arpente les rues, cigarettes, Jack Daniels, drague et baise dans les toilettes d’un bar lugubre : où sont nos limites ? Créatures de la nuit, sauvages et téméraires, nos démons se libèrent dans cette noirceur musicale lumineuse.

Comme dans le film de Guy Ritchie, nous devenons des vrais Rock N Rolla !

On a souvent reproché au trio californien de ne jamais tenir la même ligne musicale, de s’égarer, de trop tenter de nouvelles expériences, l’exemple parfait avec le morceau Circus Bazooko. Mais que l’on aime ou pas ils ont leur identité créatrice, aléatoire certes, mais forte, et ils font du BRMC.

On écoute chacun de leur album avec envie, rage, passion, étonnement, déception et franchement, putain qu’est ce qu’on aime ça !

Arthur Boëda-Binant

Vinyle disponible chez Balades Sonores