CFM ‎– Dichotomy Desaturated

mai 2017 |

Dans l’échiquier déluré du giron californien gravitant autour d’un certain Ty Segall, pas de rois, pas de reines, que des cavaliers fous dont un certain Charles Moothart alias CFM qui nous dévoile ici son second LP intitulé « Dichotomy Desatured », un an après son précédent opus « Still Life of Citrus and Slime ». Et nous sommes ici dans la bonne veine de ce qui se fait de mieux chez In The Red Records.

Les influences de l’âge sacré de la musique californienne se font bien présentes ici, CFM réussissant le tour de force d’extrapoler ces composantes pour en faire un tout authentique et efficace, n’hésitant pas ainsi à sortir de sa zone de confort. Le prisme du néo garage psychédélique brut et abrasif, surplombé d’une pointe de folk music loin d’être déplaisante, projette dans ces rayons de lumière l’un de ces meilleurs porte-étendards.

De la guitare acoustique mielleuse du premier titre, parfaite pour débuter ce road trip sonore, on glisse rapidement dans une avalanche de riffs séditieux, à l’instar de ceux de « Lethal Look », « Rise and Fall » et « Dead Weight ». Merveille de composition et d’inspiration, les morceaux s’enchainent dans une course effrénée qui, nul doute, vous fera dodeliner la tête et vous musclera la nuque. Le lad de Laguna Beach fait galoper ses doigts sur le manche, tel un cowboy jouant de la gâchette sur son fidèle destrier. On se délectera allègrement de ces solos de tueurs, de ces étirements de cordes à profusion, pigmentés d’une fuzz devenue l’identité sonore de ce groupuscule de la West Coast.

La ruée vers l’or musicale dans ce recoin de la planète est donc loin de s’achever, « Dichotomy Desatured » en est une preuve indéniable.

Maxime Lefevre

Vinyle disponible chez