ti amo

Ti Amo de Phoenix

juin 2017 |

New York, début des années 2000. Le rock connaît son ‘revival’ punk-rock grâce aux Strokes, Yeah Yeah Yeahs, The Rapture et autres Interpol. Du côté de chez nous émergent un rock contestataire plus électro mais quand même un peu inspiré de la musique des copains New Yorkais. Apparaît Phoenix, mélange de riffs électriques, sonorités électro entêtantes le tout surplombé de la douce voix de Thomas Mars.

Quasi deux décennies plus tard Phoenix subsiste contre vents et marrés face aux dérivés du rock traditionnel dont il est issu. Cependant après un album aussi intéressant et riche que Bankrupt ! le retour du groupe ne m’a pas convaincu.

Les deux premières chansons J-Boy, Ti Amo assurent un décollage réussi vers le soleil et les crèmes glacées. Un titre sur trois sonne italien (Ti Amo, Tuttifrutti, Fior Di Latte, Via Veneto, Telefono), les instrus sont fraîches et la voix de Thomas Mars ensoleillée. Malgré cela cette belle énergie est quelque peu répétitive. Comme si les frenchies surfaient sur une la même vague pendant 10 titres. Heureusement quelques belles surprises comme Role Model et Telephono en fin d’album ont su redonner un peu de baume au cœur ; c’est le style de chanson que l’on aimeerait entendre dans un restaurant chic à Rome en dégustant un verre de vin blanc.

Le thème italien aurait pu être d’avantage exploité. Au lieu de ça le groupe parsème l’album de quelques mots en italien comme du parmesan sur une pizza en plus de quelques phrases en français pour la french touch parce que ça plaît toujours.

Hélas le Phoenix ne renaît pas de ses cendres. Plusieurs écoutes sont indispensables pour adhérer au concept des frenchies. Ti Amo rappelle les albums Angles des Strokes et Random Access Memories des Daft Punk, que la plupart de leurs fans respectifs avaient jugé trop ‘dance’ à leur sortie mais qui au final regorgent de pépites que l’on sait apprécier avec le temps.

Au final bilan assez mitigé. A l’écoute de Ti Amo on retrouve l’ADN du groupe mais on s’attendait a être un peu plus surpris. On peut vite se perdre entre l’anglais, le français et l’italien. La promesse de voyage n’est pas totalement respecté ce qui est dommage.

Malgré tout Ti Amo est un album et (donc) rafraîchissant comme une glace à l’eau en plein cagnard que l’on sait tout de même apprécier au bout du compte.

Laura Guillemin

Vinyle disponible chez Balades Sonores et Ground Zero