Satan's Graffiti or God's Art

Black Lips – Satan’s Graffiti or God’s Art ?

novembre 2017 |

Trois ans après Underneath the Rainbow, les enfants terribles d’Atlanta reviennent avec un album qui se veut novateur et incisif. L’album produit par Sean Ono Lennon coupe avec l’image crade et barrée du groupe qui nous présente un album assez binaire, tantôt punk tantôt hippie. Les Black Lips nous offre tout d’abord la présence Zumi Rosow, icône de la mode underground américaine et saxophoniste de talent.

Le titre Occidental Front donne le ton dès le début de album qui se veut audacieux mais toujours proche des influences far ouest chères au groupe avec son saxophone grinçant et son chant écorché. Can’t Hold On continue sur la même lancée avec une autre mélodie catchy qui reste en tête et fait taper du pied, titre aussi efficace que le légendaire Family Tree sur Arabia Mountain sorti en 2011. Les Interludes présents sur l’album à l’image de Got Me All Alone instaurent quelques pauses qui nous permettent de reprendre notre souffle. Un beau contraste se crée en milieu d’album où l’on découvre des sons plus posés à l’instar de Come Ride with Me, In My Mind There’s a Dream, ou encore Lucid Nightmare.

Sur ce nouvel opus se glisse d’autres morceaux plus ordinaires comme The Last Cul de Sac qui bascule vers de la pop léchée. C’est également le cas de Crystal Night titre pop et kitch qu’on aurait pu entendre au bal de promo de Carrie. Avec Satan’s graffiti or God’s Art ?, le groupe oscille entre la fougue d’un cheval au galop avec des titres tel que Can’t Hold On et le cliché du groupe punk-garage au son dégueulasse totalement addict aux distorsions avec des titres comme Wayne et Squatting in Heaven. Le groupe nous sert un plateau de titres tantôt mélodieux tantôt surproduits. L’album qui se voulait novateur ne l’est que par sa forme et sa structure, musicalement il aurait pu être plus engagé au niveau des sonorités.

Je salue néanmoins l’effort de construire un album de presque une heure beaucoup plus nuancé et diversifié que leurs précédents opus grâce notamment à ses interludes. Ce dernier opus change des albums de la bande qui transpirent du gros sans relâche pendant une petite demi heure.

Laura Guillemin

Vinyle disponible chez Balades Sonores