The Belgian Kick The MarriedMonk

The Belgian Kick de The Married Monk (2004)

février 2016 |

La première décennie des années 2000 est déjà loin, et l’on peine à déterminer quel mouvement musical la caractérise. Et pour cause, il n’y a pas eu  de courant qui est venu renverser la table au XXIème siècle. En revanche, cette décennie a fourni une tripotée d’albums excellents, voire cultes, mais coupés du collectif . C’est le cas de The Belgian Kick de The Married Monk. Un album qui semble avoir eu ni passé ni futur, et qui, pourtant est à la fois bien ancré dans son temps.

En 2004, The Married Monk est déjà un groupe d’expérience, fondé en 1993 à Rennes, car, oui, il s’agit d’un groupe français, ce qui ne saute pas aux oreilles. La composition du groupe évolue au fil du temps et pour The Belgian Kick il reste Christian Quermalet, Philippe Lebruman et Jean Michel Pires... auxquels vient se greffer, au saxo, Etienne Jaumet  la moitié de Zombie Zombie (qui fit le succès de la première édition de notre festival Good For Ears). Quand à l’époque, à peine rassasié de Vertigone de Venus, le quatrième album de The Married Monk arrive dans mon ordi (l’époque n’était pas aux vinyles), il ne quitte plus mon player pendant un moment. Voilà pour le contexte.

Un album varié et homogène

L’album débute par un Tell me Gary électro vénère, presque cosmique, se poursuit par Love commander, une ballade pop quasi latino lover, et l’on traverse ensuite plusieurs monde, ici des accents Floydesque, là, un harmonica Morriconien, ailleurs, une reprise d’un Captain Beefhart mélodique (Observatory Crest), ou bien  le  disco de Pretty Lads. Mais à aucun moment l’on trouve cet album décousu. Il est au contraire d’une étonnante homogénéité, bien que l’on soit incapable de définir le style à la première écoute. La production hyper léchée de The Belgian Kick n’est en tout cas pas là pour masquer un song writing faible, loin s’en faut ! Chaque écoute révèle une surprise, et 12 ans après, on en découvre encore.

C’est dire si cette réédition en vinyle de Gonzaï Records est vraiment une bonne nouvelle. On regrette juste que ce double album soit en 45 tours. Comme le disque n’était sorti qu’en CD à l’époque, il était trop long pour un simple 33 tours, trop court pour un double. Un trois faces aurait pu convenir, (comme avait fait Joe Jackson avec Big World en 1986), là, il faut se relever et changer de faces toutes les trois chansons ! Cela dit, vu la densité des chansons, une face peut se réécouter plusieurs fois sans que l’on se lasse ! Un à redécouvrir absolument.

Lucas Parax

Vinyle coup de cœur de Balades Sonores