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Beach House – 7

juin 2018 |

“Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept/Toutes les filles ne sont pas prêtes”,

7 pour le septième album du célèbre duo de Baltimore, Beach House.
Derrière ce numéro fétiche se cache un album dévoilé le 14 février dernier (1+4+2=7) et un total de 77ème morceaux depuis le début de leur carrière.

Théorie du complot ou pas, après 3 ans d’absence, des critiques sur la lenteur et une certaine lassitude vis à vis des derniers albums, on est content de retrouver sur cet opus une belle collaboration avec Peter Kember (Spacemen 3, Panda Bear, MGMT…) qui vient redonner une nouvelle dynamique et permet de faire évoluer l’album vers une autre énergie. On conserve la formule classique à base de synthétiseurs cotonneux mais on apporte de nouveaux rythmes, et une touche un peu plus sombre, moins vaporeuse.

Au final, un subtil équilibre bien dosé entre les longues ballades planantes et cinématographiques auxquelles le groupe nous a habitué (Pay No Mind et Lemon Grow), des mélodies hypnotiques (Woo) et très 70’s (Lose your mind), un petit passage vers les influences New Order (Dark spring et Dive), et une agréable surprise avec l’apparition du français sur L’Inconnue. Ce titre aux airs de comptine pour adultes, aussi structuré en sept parties (encore), est d’ailleurs une référence à l’œuvre de L’Inconnue de la Seine.

Petit coup de cœur personnel pour le dernier acte en 7 minutes Last Ride et son piano mélancolique, qui nous réconcilie définitivement avec le tandem Legrand/Scally dans toute sa splendeur.

Il est vrai que la est à la page ces derniers temps, avec des succès comme Daughter ou Cigarettes After Sex, et il est bien difficile de sortir du lot ou de confronter Beach House à leurs confrères. Mais arrivez-vous à comparer les rêveries ? Pas moi.

Oublions notre recherche de sens. Au coeur de la perte de repères, si familière au duo, l’essentiel se trouve sur le plan sensoriel : l’expérience “Beach House” est toujours aussi enveloppante.

Car oui, le secret dans la musique de Victoria Legrand et Alex Scally, c’est cette descente envoûtante et addictive, une sorte d’aveuglement conscient qui permet de voyager, entre ombres et lumières, vers notre “cocon”. Un lieu unique, baigné d’intimité, où seul Beach House sait nous emmener.

Dans l’euphorie des temps modernes, c’est une chance que de pouvoir y arriver, et Beach House le fait avec brio : nous aider à rêver.

PS : Le film dans lequel on se croit : Lost River, de Ryan Gosling, que je conseille de regarder.

Elodie Savio